Carnet d’artiste

« Enfin, un carnet d’artiste… » Je vous livrerai ce que je vais écrire dans ce carnet, alternant, réflexions et aquarelles au gré de mes états d’âme. Cette âme d’artiste restée suspendue depuis maintenant 4 ans. Il est temps, bien temps de lui redonner toute sa place.

Désormais, c’est dans mon atelier/galerie à Sare, que vous découvrez ces derniers jours, que je vais disposer de tout l’espace nécessaire à mes diverses approches créatives, écriture, peinture, photos, vidéos, en toute tranquillité; une tranquillité à peine perturbée par les visites bienvenues des Saratar, habitants du village, des touristes, des Basques d’adoption installés désormais ici, des enfants, des plus petits et des plus grands, pour regarder, interroger, en silence ou en interaction, ou encore participer aux ateliers d’expression artistique que je mets en place.

« Enfin, un carnet d’artiste. C’est ce que m’avait suggéré de faire un critique d’Art que j’avais  convié chez moi afin qu’il pose son regard sur mon oeuvre picturale. Il en avait dit qu’ « il n’y avait pas de gras », autrement dit, rien à y soustraire, rien à y ajouter. Et puis,  que j’avais un atout essentiel: j’avais mon « propre univers ». Cet univers, je m’en suis éloignée pendant quatre années afin d’avoir un métier alimentaire, dans l’enseignement, en l’occurrence; pas l’enseignement de l’Art, non, l’enseignement des Lettres. Mon univers, ma planète m’ont manqué. L’atmosphère de la planète Terre n’est pas la mienne. Ma planète, c’est Téoua.

Teoua, que je transcris, Téoua, mot d’origine tibétaine, dont je ne garderai que le sens qui me correspond et permet d’identifier mon univers : Félicité.

Maintenant que je me suis installée à la campagne, je respire mieux à nouveau. Dans un environnement bucolique; le bucolisme resté gravé dans mon esprit depuis ce temps où j’avais découvert Virgile en peinant pourtant sur ses textes dans mes devoirs et contrôles en version et thème, en Latin lorsque j’étais adolescente et jeune fille. Bucoliques, ainsi avais-je aussi ressenti les textes de Rousseau qui me permirent à la même époque de comprendre, que regarder, écouter, enfin, contempler la Nature étaient, et sont encore aujourd’hui des postures essentielles pour survivre sur la Terre au milieu des Humains. Ainsi en lisant leurs oeuvres, je sus comme il était bon et doux de savoir que je n’étais pas, ou plus seule, à trouver ces sensations vitales. (à suivre…)