Intervention en Centre de loisirs : Médiation culturelle.

Depuis les vacances de février 2021, j’interviens dans les Centres de loisirs (CLSH) pendant les congés scolaires (Dans le respect des règles sanitaires en vigueur).

J’interviens auprès des petits – 3 ans à 5 ans – et des plus grands – 6 ans à 10 ans. J’adapte bien sûr les projets créatifs à l’âge des enfants. Au-delà de la réalisation d’une création dirigée qui reste guidée par la singularité de chaque enfant, ses émotions, je saisis l’occasion pour transmettre aux enfants des notions techniques, des connaissances en Histoire de l’Art, adaptées à leurs compétences cognitives, mais aussi ce qu’est ma démarche artistique en tant qu’artiste professionnelle, comment nait une oeuvre, ce que veut dire « voir » et « regarder » une oeuvre d’Art, afin de faire porter aux enfants plus globalement un autre regard sur leur environnement.

Découvrez les dernières animations que j’ai mises en place et les oeuvres créées par les enfants. Celles-ci sont restituées à l’issue de mes interventions et viennent décorer le Centre de loisirs.

Oeuvres collectives :

« Peinture Anti-Covid » : Cet atelier avait pour but d’accompagner les enfants par une démarche artistique à extérioriser les émotions véhiculées par cette crise sanitaire; émotions qui peuvent chez certains générer des interrogations, parfois même des angoisses, ou pas, mais il est indéniable qu’ils en entendent parler tout le temps et le vivent tous les jours par le port du masque, les gestes barrière, les distanciations avec leurs grands-parents etc.

J’avais préparé des cartons recouverts de Gesso blanc, ils avaient à disposition des bouteilles de gouache , rouleaux, pinceaux; en guise de palette pour le mélange des couleurs, des grandes feuilles plastifiées – ces plaques qui séparent les packs de bouteilles d’eau en grande surface – plus pratiques que des godets. Dans un premier temps, nous nous sommes assis en cercle à même le sol et j’ai encouragé les enfants avec l’éducatrice présente, à s’exprimer à propos du virus; j’ai fait un peu de pédagogie sur ce qu’est un virus, puis j’ai introduit l’idée que l’Art, la peinture peut permettre de « chasser » le virus.

Attention ! L’idée n’est pas de faire naître des illusions, mais bien au contraire de leur expliquer que tout comme un conte, une bande-dessinée, un dessin animé ou un film d’animation, une pratique artistique personnelle créative a pour but, non d’éviter la Réalité, mais de permettre aux émotions diverses qui naissent en eux à chaque instant, de les sortir/les exprimer avec des « outils »/ créations, pour mieux les canaliser; au passage j’ai échangé avec eux sur les émotions qu’ils connaissaient, et fait un rappel de la liste des 5 principales émotions : joie, tristesse, colère, dégoût et peur. D’ailleurs, quand tout se passe bien, les enfants ne sont pas dupes. L’un d’entre eux m’a dit : « La peinture magique, ça n’existe pas  » à quoi j’ai répondu, les autres enfants prêtant attention « Oui, c’est vrai, tu as totalement raison; la réalité est que seul un médicament et un vaccin pourront nous aider en vrai à surmonter ce virus; mais nous savons tous que la « peinture magique », c’est comme pour combattre les monstres dans les contes, cela nous aide à mieux supporter la réalité; il ne faut pas rester enfermés dans les contes, les dessins animés, les films, ou…les jeux-vidéo, tout ceci est un jeu, pas la réalité ». Le monstre à combattre/abattre ce jour-là à l’intérieur d’un récit était le virus Covid. Leur arme : de la peinture. Ce type d’intervention, comme vous le voyez, nécessite un cadre afin que les enfants – tous n’étant pas égaux dans la gestion de leurs émotions – en retirent de l’apaisement et non de la confusion.

Déroulement :

Les enfants volontaires s’installaient à tour de rôle au centre du carton, pendant que les autres enfants avaient pour « mission » de recouvrir toute la surface de peinture. La petite histoire que nous nous sommes racontés consistait à dire que le virus n’aime pas l’Art, et qu’il ne supporte pas d’être encerclé d’artistes qui le recouvrent de peinture, et… plus c’est coloré, mieux c’est ! Ils sont rentrés à fond dans l’histoire; tous voulant peindre et « tuer » le virus, j’ai fini par jouer le rôle du virus, ainsi que l’éducatrice. Complètement entrée dans le personnage je disais : « Au secours, je n’aime pas la peinture, arrêtez, je vais disparaître » en prenant une voix connue dans leur imaginaire (le méchant, la sorcière etc.) « Ah ah, je vois encore du blanc là, il n’y a pas de peinture ici, même pas peur » Aussitôt, ils redoublaient d’énergie pour peindre et ne plus laisser une surface vide de peinture colorée, me passer le rouleau dans les cheveux jusqu’à ce que je me recroqueville, méchant virus terrassé dans mon carton. Au final, il reste ces cartons, qui décorent « leur » Centre, illustrations de la force de leurs émotions extériorisées.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s