« La Guérisseuse et le Samouraï »

Début d’une oeuvre narrative, sur tondo, et d’une série pour un projet d’installation.

Fusain sur coton tendu sur châssis bois, tondo.

Au commencement, il y avait la vieille guérisseuse dans la clairière, derrière le bois, courbée, voutée par la gravité des épreuves, les mains nouées, enlacées comme deux amants. Et puis, dans la mémoire de la vieille, la silhouette et le visage du Samouraï : Pourquoi ? Comment ? La lune était pleine, et les marées lui obéissaient envoyant la cavalerie de vagues affronter les côtes déchiquetées par les mains d’un dieu vengeur décidé à arracher l’argile des falaises, pour les refaçonner à son goût. Les grues cendrées allaient entamer leur migration. Cette nuit-là, la vieille depuis longtemps incapable de se redresser sentit le souffle des ailes d’une grue planant, solitaire, lui caresser le dos, et, à sa gauche, la présence du Samouraï qui avait traversé les océans et les siècles. Il était assis, là, paisible, sur un tronc d’arbre, ses flèches dans son carquois. Il tenait fermement son arc de la main gauche, la main droite, elle, reposait dessous. La vieille ne pouvait voir que le bout de l’arc, éclairé par la lune qui offrit tout à coup à sa vision pourtant brouillée depuis longtemps, une étincelle clairvoyante. Elle comprit alors pourquoi il était venu d’aussi loin.

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